Titre : | 1929-1939 : Les débuts de l’industrialisation du logement : Une utopie constructive | Type de document : | document multimédia | Auteurs : | Joseph ABRAM, Auteur | Editeur : | Cité de l'Architecture et du Patrimoine | Année de publication : | 2007-2008 | Collection : | Les cours publics. Histoire & actualité de l'architecture num. 20 | Importance : | 1h41’35’’ | Langues : | Français | Note de contenu : | ""Et maintenant n’est-il pas outrecuidant de parler des maisons en acier ? Non, car elles ne sont pas nées d’un cerveau en mal de productions bizarres. Si elles viennent se s’élever simultanément en divers points de la surface du globe terrestre, c’est parce que de nombreux facteurs concomitants les obligeaient à s’élever… Il n’était pas possible qu’en cette matière la France demeurât plus longtemps en arrière…". C’est par ces mots qu’Urbain Cassan introduit en 1929 un dossier consacré aux maisons métalliques françaises. En moins de deux ans sont apparus plusieurs systèmes performants, parmi lesquels les procédés "Decourt", "HC", "Fillod-Comefi", "Commentry-Oissel" et celui des "Forges de Strasbourg". L’habitat individuel n’est cependant pas le seul domaine de recherche. Au début des années 1930, Eugène Beaudouin et Marcel Lods obtinrent deux commandes importantes : 800 logements pour la société PAX à Bagneux et 1000 logements pour l’Office Public d’Habitations à Bon Marché (OPHBM) du département de Seine à Drancy. Ils réalisèrent ainsi, grâce aux travaux de Freyssinet sur le "béton vibré", le premier ensemble en éléments de béton façonnés en usine et montés à sec sur une ossature métallique. Deux mois suffirent à la mise en place de la charpente en acier sur laquelle furent accrochées les façades. Le Corbusier, qui vint visiter Bagneux, laissa éclater son admiration : "Ceci est d’une logique écrasante. C’est l’émanation du bon sens. Le miracle, c’est que vous l’ayez fait…". L’ensemble de Drancy fut bâti avec le même procédé : "Nous voulions, Beaudouin et moi, réaliser un projet très en avant ; la vie privée devait être facile, les logements étaient équipés très complètement : cloisons mobiles permettant de réunir deux pièces, salles d’eau, évacuation pneumatique des ordures à partir de l’évier, etc.". Ces opérations eurent un certain retentissement. Pour Paul Nelson, Oscar Nitzchké et André Sive, l’agence Beaudouin et Lods devint un modèle. Une sympathie naquit entre tout un groupe de constructeurs, parmi lesquels Vladimir Bodiansky, diplômé de l’Institut des Ponts et Chaussées de Moscou et Jean Prouvé, qui avait fourni les huisseries métalliques de Drancy…" |
1929-1939 : Les débuts de l’industrialisation du logement : Une utopie constructive [document multimédia] / Joseph ABRAM, Auteur . - France : Cité de l'Architecture et du Patrimoine, 2007-2008 . - 1h41’35’’. - ( Les cours publics. Histoire & actualité de l'architecture; 20) . Langues : Français Note de contenu : | ""Et maintenant n’est-il pas outrecuidant de parler des maisons en acier ? Non, car elles ne sont pas nées d’un cerveau en mal de productions bizarres. Si elles viennent se s’élever simultanément en divers points de la surface du globe terrestre, c’est parce que de nombreux facteurs concomitants les obligeaient à s’élever… Il n’était pas possible qu’en cette matière la France demeurât plus longtemps en arrière…". C’est par ces mots qu’Urbain Cassan introduit en 1929 un dossier consacré aux maisons métalliques françaises. En moins de deux ans sont apparus plusieurs systèmes performants, parmi lesquels les procédés "Decourt", "HC", "Fillod-Comefi", "Commentry-Oissel" et celui des "Forges de Strasbourg". L’habitat individuel n’est cependant pas le seul domaine de recherche. Au début des années 1930, Eugène Beaudouin et Marcel Lods obtinrent deux commandes importantes : 800 logements pour la société PAX à Bagneux et 1000 logements pour l’Office Public d’Habitations à Bon Marché (OPHBM) du département de Seine à Drancy. Ils réalisèrent ainsi, grâce aux travaux de Freyssinet sur le "béton vibré", le premier ensemble en éléments de béton façonnés en usine et montés à sec sur une ossature métallique. Deux mois suffirent à la mise en place de la charpente en acier sur laquelle furent accrochées les façades. Le Corbusier, qui vint visiter Bagneux, laissa éclater son admiration : "Ceci est d’une logique écrasante. C’est l’émanation du bon sens. Le miracle, c’est que vous l’ayez fait…". L’ensemble de Drancy fut bâti avec le même procédé : "Nous voulions, Beaudouin et moi, réaliser un projet très en avant ; la vie privée devait être facile, les logements étaient équipés très complètement : cloisons mobiles permettant de réunir deux pièces, salles d’eau, évacuation pneumatique des ordures à partir de l’évier, etc.". Ces opérations eurent un certain retentissement. Pour Paul Nelson, Oscar Nitzchké et André Sive, l’agence Beaudouin et Lods devint un modèle. Une sympathie naquit entre tout un groupe de constructeurs, parmi lesquels Vladimir Bodiansky, diplômé de l’Institut des Ponts et Chaussées de Moscou et Jean Prouvé, qui avait fourni les huisseries métalliques de Drancy…" |
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