La cour d’école, au cœur des réflexions communales

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Espace récréatif, d’évolution, de socialisation et de bien-être pour les élèves, les cours d’école sont des lieux qui présentent des enjeux forts ! Elles doivent aussi répondre à des besoins pédagogiques. A l’instar des écoles, ce sont les communes qui sont les maîtres d’ouvrage des aménagements des cours.

Généralement minérale, en enrobé noir et comportant peu ou pas de végétation, pour une facilité d’entretien et un faible coût de création, la cour que l’on connaît ne répond pas aux besoins des élèves. Par ailleurs, elle n’est pas non plus adaptée à nos préoccupations actuelles.

Les enjeux environnementaux de gestion de l’eau de ruissellement ou de prise en compte de la biodiversité doivent être au cœur de tout projet. Ces mêmes enjeux peuvent d’ailleurs être supports d’activités pédagogiques et de sensibilisation de nos enfants.

Les arbres peuvent apporter de l’ombrage lors de fortes chaleurs, les plantations d’essences locales favoriser le développement de la biodiversité, la gestion durable des eaux de pluie limiter le risque d’inondation lors de fortes pluies.

Aujourd’hui, l’accès à la nature devrait déjà se faire dans l’enceinte même de l’école !

Vous êtes élu et souhaitez réfléchir à l’évolution de la cour de votre école ? Vous pouvez être accompagné !

C’est ce qu’a fait la commune de Fressin : le CAUE y est intervenu lors de deux ateliers participatifs. Sous forme de deux visio-ateliers, une paysagiste-concepteur et une architecte, en partenariat avec les services du Département, ont sensibilisé les élus, l’équipe éducative et les habitants à la qualité du cadre de vie, aux modes de gestion et à la prise en compte de tous les usages pour garantir un projet de qualité.

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© La Terre Ferme

Un label "EFFINERGIE PATRIMOINE" pour la mairie de Brias !

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Ou comment l’innovation peut concilier rénovation énergétique et préservation des valeurs architecturales

 

Brias 1La commune rurale de Brias (300 habitants) a envisagé la rénovation de son ancien presbytère, devenu aujourd’hui mairie (au RDC) et logement (à l’étage). Le bilan énergétique est assez mauvais (classé "D"), mais ce bâtiment de 1865, comme la plupart des constructions anciennes en briques pleines "moulées à la main" dispose d’atouts hygrothermiques qui offrent une gestion équilibrée de l'humidité dans les parois verticales. Une belle qualité à ne pas perdre ! En outre, les façades présentent des qualités esthétiques spécifiques aux constructions anciennes, donc difficiles à reproduire avec les moyens actuels. Une isolation par l’extérieur serait donc inconcevable. Et à l’intérieur, les surfaces des pièces sont bien petites, il est donc impossible d’envisager une isolation intérieure standard.

Alors comment faire ?

Le plus souvent, en pareille situation, il est nécessaire de réduire la part des aides mobilisables car les critères énergétiques semblent être contradictoires avec les critères patrimoniaux. Les choix à faire sont alors d’autant plus douloureux qu’il faudrait choisir entre performance théorique et qualité esthétique… De nombreux partenaires se sont mobilisés autour du maire de Brias pour le soutenir dans sa démarche, tant techniquement (CAUE 62 et FDE 62), que financièrement (CD 62, FDE 62, Fondation du Patrimoine, Préfecture du Pas-de-Calais).

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Brias 3Ce partenariat, avec l’accompagnement du CAUE 62, a permis d’aboutir à une solution efficace et facile à reproduire. Une démarche innovante a pu être envisagée, sans relativiser l’un ou l’autre de ces critères, pour un résultat exigeant, tant sur l’aspect performanciel que sur la nature des travaux à caractère patrimonial. Cela a consisté d’abord à démontrer qu’il est possible d’atteindre un niveau de performance très satisfaisant en ménageant les murs anciens, pour ne pas les dénaturer, et en concentrant plutôt les efforts sur les parties moins sensibles (combles et terre-plein) et les équipements techniques. Sur les murs, seulement un enduit mince intérieur sera donc appliqué. L’efficacité de cette approche raisonnée n’avait pas encore été démontrée en zone climatique h1 (voir zonage ci-contre). Cette intuition de départ s’est confirmée et a été récemment validée par un bureau d’études (thermique) et par un architecte maître d’œuvre (architecte du patrimoine), qui ont répondu ensemble à l’appel d’offre lancé par la mairie de Brias pour la réalisation de ce projet.

Brias 4Ainsi, la façade pourra préserver ses atouts, les menuiseries bois moulurées seront restituées, et la mairie sera beaucoup moins énergivore (62 kWh.ep/m²/an, classé "B"). Ce projet ayant pour ambition d’être démonstrateur, tant pour les maîtres d’ouvrage (publics ou privés) que pour les maîtres d’œuvre et artisans, il est engagé avec l’accompagnement technique de la FDE 62 et du CAUE 62 dans une démarche de labellisation nationale inédite qui pourra ainsi plus facilement essaimer grâce à la visibilité offerte par le label Effinergie Patrimoine.

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Brias 6Le collectif Effinergie est association dont le label a eu un fort impact de stimulation dans l'évolution de la réglementation thermique française actuellement en vigueur. En 2019, l'association poursuit son travail en engageant un nouveau label mieux ajusté pour valoriser réhabilitation énergétique et préservation des valeurs architecturales. Cette approche cohérente permet de faire enfin converger des objectifs habituellement divergents. Ce label rassemble dans sa commission composée d’architectes et de thermiciens experts dans leur domaine (il est soutenu par les DRAC, le CEREMA, la FNCAUE, etc…). La municipalité de Brias, est donc pionnière puisqu’elle est la première, à l’échelle nationale, à avoir reçu un avis favorable de la commission Effinergie Patrimoine, ce qui va permettre à cette commune de bénéficier du suivi du certificateur Prestaterre qui, a réception des travaux, pourra octroyer le label !

L’innovation ne s’arrête pas là !

Ce projet prend aussi en compte les effets induits par le choix d’un isolant mural. Le risque de dégradation est réel en cas d’application de solutions "clé en main" et, malheureusement, ce défaut est sous-estimé. Il est donc essentiel d’appliquer une solution qui profite aux qualités hygrothermiques propres au bâti ancien. Pour maîtriser les défauts liés à l’ajout de matériaux inadéquats, un triple objectif a été appliqué pour le choix de l’isolation des murs. La solution envisagée a pour priorité d’être sans membrane pour faciliter la mise en œuvre de faible épaisseur pour limiter les sujétions, et hydrophile pour préserver la régulation de l’humidité. Le choix s’est donc orienté sur la chaux adjuvantée à l’aérogel de silice, matériau innovant expérimenté depuis 2016 en France et inédit dans les Hauts-de-France. Il permet le respect des caractéristiques du bâti ancien en s’adaptant bien aux irrégularités d’un mur ancien. Ainsi, cet enduit améliore sensiblement la performance avec une épaisseur très réduite (6 cm) sans altérer la cohérence du mur.

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Extrait de la revue professionnelle « Bauhandwerk ». Photographe : Thomas Wiekhorst

Alors, vous avez un projet de réhabilitation d’un bâti ancien et vous vous questionner sur la démarche à engager ? N’hésitez pas à nous contacter !

Pour plus de renseignements, consultez l’"Observatoire BBC".