Les sports de nature dans le PLUi

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Plaquette sports nature PLUiLe CAUE du Pas-de-Calais et le Département se sont associés pour sensibiliser et inciter à la prise en compte des sports de nature dans les documents d’urbanisme, à travers un guide intitulé "Les sports de nature dans le PLUi".

Ce guide a pour objectif de sensibiliser les élus, les bureaux d’études et les techniciens à l’importance de cette thématique, et à la nécessité de l’intégrer dans la stratégie du territoire, pour en maîtriser le développement et pérenniser les pratiques.

Qu’est-ce que les sports de nature ?

Les sports de nature se définissent, notamment à travers leurs lieux d’exercice et plus précisément dans le cadre suivant :

"Les sports de nature s’exercent dans des espaces ou sur des sites et itinéraires qui peuvent comprendre des voies, des terrains ou des souterrains du domaine public ou privé des collectivités publiques ou appartenant à des propriétaires privés, ainsi que des cours d’eau domaniaux ou non domaniaux."

Article L311-1 du code du sport

Ces pratiques, à travers les paysages divers et variés du Pas-de-Calais, connaissent un véritable essor et constituent un levier d’équilibre et de développement des territoires.

C’est pourquoi, les espaces, sites et itinéraires doivent aujourd’hui être mieux identifiés et mieux intégrés dans les stratégies de territoire. Anticiper et maîtriser le développement des sports de nature permet de les pérenniser et de les encadrer. Il est important d’encourager l’urbanisme de projet, c’est-à-dire une réelle prise en compte, à travers les usages, des enjeux de développement économique et touristique, de cadre de vie, de santé, de préservation des paysages et de biodiversité.

Ce sujet a fait l’objet d’une présentation spécifique lors d’une journée technique organisée par la Direction des Sports du Département qui s’est tenue le vendredi 28 juin 2019 à Angres, dans le cadre du Mois des Sports de Nature.

Télécharger le guide.

Méthaniseurs : l’enjeu de l’insertion paysagère et architecturale

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La méthanisation se développe à l’échelle nationale et régionale. Elle fait partie des réponses pertinentes en faveur du développement des énergies renouvelables et de la réduction des déchets.

Dans un projet de méthanisation, les sites potentiels peuvent être de nature diverse tout comme les situations des porteurs de projets (exploitant seul, GAEC, groupement d’agriculteurs, etc.) et de nombreuses contraintes techniques sont à prendre en compte : accessibilité du site, proximité des réseaux, réglementation de l’urbanisme, etc.

Au regard de ces éléments, un ou plusieurs sites peuvent émerger. L’insertion paysagère du projet, à toutes les échelles du paysage, constitue un véritable enjeu, souvent sous-évalué.

Cette question est fréquemment soulevée par les opposants aux projets, craignant que le site de méthanisation défigure le cadre de vie. Pour y répondre, le paysage doit être considéré comme un atout, un allié pour l’intégration des installations.

Dès les premières réflexions, il convient d’analyser le paysage dans lequel on souhaite implanter le projet, afin de choisir le site le plus pertinent.

En présence d’une auréole bocagère* dans le village, le futur projet a tout intérêt à "se nicher" au sein des franges bocagères existantes. Elles vont contribuer à son intégration et jouer d’autres rôles, comme un effet de brise-vent, par exemple.

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Auréole bocagère du Haut-Pays d'Artois

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Analyse des lignes de force du paysage, des points de repères (clocher),
des masques topographiques et des masques végétaux

*Qu’est ce qu’une auréole bocagère?

Une auréole bocagère est un ensemble de franges bocagères continues, ses fonctions sont multiples mais en matière de paysage, elle assure le rôle de transition végétale entre le milieu urbanisé et le milieu agricole.

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Méthaniseur bien intégré, implanté en coeur de commune

En continuité d’une exploitation agricole existante, le projet de méthanisation a davantage de facilité à s’insérer. En effet, beaucoup de composantes de l’exploitation (desserte, aire de manœuvre/circulations, végétation, etc.), déjà en place, sont mutualisées avec l’unité de méthanisation. L’impact des nouvelles installations est donc réduit.

Le cas de figure le plus complexe se présente lorsque l’unité de méthanisation s’implante de manière isolée, au milieu d’une plaine agricole ou en bordure de route, à distance des contraintes urbaines, mais sans accroche paysagère.

De manière systématique, il convient de travailler avec le relief/le socle (en favorisant les terrains plats), de prendre en compte les vents dominants, de tirer parti de la végétation en place et de considérer les points de vue vers l’unité de méthanisation.

Lorsque le choix du site est arrêté, il faut réfléchir au projet dans son ensemble, de manière à créer un site d’exploitation homogène, rationnel (compact), harmonieux et fonctionnel, sans compromettre d’éventuelles extensions. Une unité de méthanisation est avant tout une exploitation agricole presque comme les autres.

Tous les éléments composant le projet doivent être étudiés dans leur globalité : les bâtiments (digesteur, post-digesteur, hangar, etc.), les espaces extérieurs (circulations, zones de rétention, stationnement, etc.), les lieux de stockage non couverts (silos), la végétation et les éléments de transition (clôtures, etc.).

En travaillant avec le relief et en tirant parti de la végétation en place, il est plus facile d’intégrer les différents volumes. L’emprise des constructions et des surfaces imperméabilisées doit être limitée, en travaillant sur la compacité et la mutualisation des aires d’accès.

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Ferme laitière située en commune, comprenant un hangar agricole
et une unité de méthanisation, avec mare végétalisée
servant de réserve incendie

Les volumes des hangars et des méthaniseurs sont évidemment prédominants, ils vont retenir toute l’attention dès l’entrée dans le site. Dans ce cas, le soin apporté aux choix des matériaux, à leur qualité et à leur mise en œuvre va participer à l’intégration du bâti. Quant au choix des couleurs du bardage et de la bâche, il doit s’opérer en harmonie avec le paysage environnant.

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Fosses bardées de bois et entourées par des plantations

Enfin, les aménagements des abords sont également à travailler, en plantant des végétaux, d’essences locales, en choisissant une clôture sobre, etc. L’entretien des plantations doit être pris en compte lors du choix des espèces.

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Plantations variées entourant une unité de méthanisation (en projet)

Afin d'accompagner les porteurs de projet sur ces questions, le CAUE prépare actuellement une brochure sur l’insertion paysagère des unités de méthanisation.

Les travaux menés ont fait l'objet d'une présentation spécifique lors de l'Assemblée Générale qui s’est tenue le 21 mai à Fruges, en partenariat avec Marie Décima, chargée de mission au Centre ressource du développement durable (Cerdd).

Le Cerdd a réalisé un travail ciblé sur le pilotage des projets de méthanisation et publié un document abordant le "Dialogue Territorial, outil concret au service de l’appropriation des projets d’énergie renouvelable" :

http://www.cerdd.org/Parcours-thematiques/Changement-climatique/Methanisation-appropriation-sociale

Rendez-vous prochainement pour l'édition de notre guide !